C I R C U L ' A C T I O N
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L’âge d’or est une période de multiples transitions. La retraite du travail, la perte du conjoint et des amis, un déménagement et l’apparition de maladies chroniques ou d’une fragilité ne sont que quelques-unes des transitions vécues par les personnes âgées.

Les transitions sont provoquées par un événement qui déclenche une période de déséquilibre et de bouleversements. Pendant cette période, la personne expérimente de profonds changements dans sa vision de soi et du monde. Il y a souvent un sentiment de perte ou d’aliénation par rapport à ce qui était familier et valorisé.

Un grand nombre des transitions vécues par les personnes âgées impliquent des pertes et ne sont pas désirées.

Qu’est-ce qu’une transition

D’abord, il y a un événement majeur ou un tournant qui bouleverse la vie telle qu’elle était vécue jusqu’à maintenant. Les façons de faire, d’agir, de réagir, de percevoir doivent être modifiées car elles ne sont plus appropriées à la nouvelle réalité. De nouvelles stratégies d’adaptation doivent être développées et cela implique le développement de nouvelles compétences, de nouvelles dynamiques et de nouveaux rôles.

Ensuite, il s’agit d’un processus qui prend du temps. Les transitions s’étendent sur toute la période allant de l’événement marquant initial jusqu’à ce que l’harmonie et la stabilité soient à nouveau ressenties. Cette période est nécessaire pour expérimenter différentes stratégies et les incorporer dans son propre répertoire. Le temps requis pour une transition est variable et dépend de la nature du changement et dans quelle mesure ce changement influence d’autres aspects de la vie d’une personne.

Enfin, les transitions ne sont pas des changements fugaces ou superficiels, elles impliquent plutôt des changements fondamentaux qui s’inscrivent dans l’identité même de la personne et qui modifient ses rôles et ses comportements.

Le modèle de transition de Bridges

William Bridges décrit les transitions en trois étapes.

La première étape est l’abandon de ce qui fut: lâcher le passé, abandonner les anciennes habitudes/méthodes.

Il s’agit d’une étape hautement émotionnelle au cours de laquelle les résistances sont à leur paroxysme. En effet, abandonner des habitudes et des routines génère souvent de la peur, de l’anxiété, de la colère, de la tristesse, du déni, un sentiment d’abandon ou d’injustice, etc.

Les repères habituels sont ébranlés ou ont disparus. L’identité ou le rôle attribué à l’ancienne situation est perdu. Lorsque la personne réalise que ce qui était n’est plus, il s’ensuit un sentiment de profonde déception et de perte puisque notre culture préconise une évolution basée sur l’accumulation.

La deuxième étape est une étape intermédiaire, un moment de flottement (zone neutre) : le passé n’est plus, la personne est désorientée en raison des pertes subies au cours de la première étape.

C’est une période inconfortable mais nécessaire.

De nouvelles méthodes ou stratégies sont essayées. Le passé peut être regretté, les nouveautés critiquées. Il y a des craintes de ne pas être à la hauteur de la nouvelle réalité, du scepticisme face aux bénéfices du changement qui s’opère et une grande recherche de repères.

Ce n’est qu’en traversant la zone neutre que les personnes s’ouvrent à de nouvelles possibilités. Il peut être tentant de vouloir en sortir vite étant donné qu’il s’agit d’une période d’incertitude, mais agir trop vite risque de mettre en places des solutions hâtives et inadaptées pour l’avenir.

La troisième étape est celle d’un nouveau départ et est marquée par la recherche d’un sens et l’expérience d’un certain contrôle.

Les personnes doivent traverser les trois étapes pour gérer efficacement la transition. Cependant, les étapes de la transition ne se produisent pas nécessairement de manière linéaire. Elles peuvent être séquentielles, parallèles ou se chevaucher.

Certaines transitions créent un effet domino dans lequel une transition en entraîne une autre dans le temps. Certaines transitions ce produisent simultanément, qu’elles soient ou non reliées entre elles.

Transition et conduite automobile

En fait, la vie est une succession de transitions.

Si a un certain âge les transitions sont plus nombreuses et parfois moins souhaitées, les personnes âgées ont l’avantage de l’expérience.

Pourquoi ne pas dresser la liste des transitions vécues au cours de votre vie, les sentiments ressenti lors de ces transitions, les stratégies efficaces qui ont été utilisées pour vous aider à passer à travers et à retrouver un équilibre. Peut-être y trouverez-vous des éléments intéressants pour vous aider à anticiper votre retraite de la conduite automobile.

Êtes-vous un grand planificateur ?

Dans les moindres détails ou dans les grandes lignes ?

 Vous aimez réfléchir seul ou en parler avec autrui pour vous aider à y voir plus clair ?

Identifiez également les stratégies qui n’ont pas fonctionnées dans votre vie lors des transitions. Cela vous aidera à ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Envisagez les points positifs et négatifs de la transition, car que l’on choisisse ou que l’on soit contraint au changement, les deux pôles sont présents.

Le changement est inéluctable et on n’a souvent peu de contrôle dessus. C’est un élément extérieur, dissocié de notre volonté.

La transition, quant à elle, représente l’état psychologique et les divers sentiments et expériences que l’on éprouve tout au long du processus. C’est un état sur lequel nous pouvons exercer du pouvoir.

Planifier sa retraite de la conduite automobile, c’est se donner le pouvoir des choix.

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